D'ordinaire bon public, plutôt fan de cette chaîne à laquelle j'accède en deuxième partie de soirée, je tente de remettre de l'ordre dans tous les stades d'humeur par lesquels je suis passée en regardant le reportage Mondovino, diffusé à l'heure où les chauve souris gribouillent le Gamay crépuscule (est-ce un signe ?) et réalisé par Jonathan Nossiter. La télé est dans la chambre. Nous la partageons lui et moi. Et à cette heure tardive, plutôt enthousiastes, bien que couchés, à l'idée de découvrir l'épopée des producteurs de vins de France (les puristes aux méthodes ancestrales jalousement gardées et les avant-gardistes qui ont vendu leur âme au diable, autrement dit qui ont multiplié par 10 leur chiffre d'affaire en établissant un team business avec des confrères californiens), nous avons déchanté. Abominablement mal tourné, ce pseudo documentaire n'engageait pas une compréhension aisée. Armé d'une "petite caméra", précise t-on sur le site de Programme.tv, le cinéaste et néanmoins sommelier a souffert du manque cruel des extensions de son artisanal outil. Effets de flous incohérents, personnages mal cadrés, titre explicatif écrit en blanc sur fond jaune pale, confusion dans le scénario et le montage temporel des prises de vue, ce voyage à travers les vignobles d'ici ou d'ailleurs a manqué son atterrissage. Quant au fond, comment restituer un semblant de résumé ? Dans cette cacophonie ambiante où expert en vinasse au nez spongieux côtoyaient propriétaires enracinés à leurs ceps, je suis déçue de constater que le sujet a été traité comme un reportage de fin d'année de CM2. A compte goutte, je ne me résous pas à mettre de l'eau dans mon vin, déplore l'absence de réelle prise d'angle et rejoins par métaphore étendue Jean-Jacques Rousseau pour qui le vin abrutit l'homme pour un temps. Et je vous l'assure, la femme aussi. Conclusion, pas de vin sur vin à cette trop scolaire initiative et dont nous n'avons rien retenu, soulés jusqu'à la "lie-terie". Dommage.